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Étudiants : Leur santé mentale est en forte baisse

Étudiants : Leur santé mentale est en forte baisse

Étudiants : Une jeune femme se tient la tête devant son ordinateur. Elle semble anxieuse.

Un étudiant lyonnais s’est défenestré samedi 9 janvier du 4e étage de sa résidence universitaire. La raison n’est pas encore connue, mais il s’agirait de l’isolement et de la fermeture des universités. Un acte suicidaire qui pourrait être en lien avec une baisse de la santé mentale des étudiants. C’est en tout cas ce que démontre une étude du Centre National de Ressources et de Résilience (CN2R) menée sur 69 054 étudiants et aux résultats accablants.

2020 restera dans les annales pour plusieurs raisons, notamment pour ses confinements. Quand l’on pense aux victimes du confinement, le secteur culturel mis à mal, les commerces dits « non-essentiels » ou encore les violences conjugales qui ont fortement augmenté semblent les principaux secteurs touchés. Mais il y a aussi le cas de la santé mentale des étudiants, mise à mal, parfois oubliée et souvent critiquée.
Être étudiant en confinement, c’est passer ses journées devant son écran et travailler seul du lundi au dimanche. Rien de bien joyeux, et c’est encore plus dur pour ceux qui vivent seuls…

Des étudiants plus anxieux et plus stressés

Et les étudiants se sentent mal, comme l’a révélé le Centre National des Ressources et de Résilience (CN2R) dans une enquête. Cette dernière se base sur le premier confinement, soit du 17 avril au 4 mai 2020. Quant aux répondants, la moyenne d’âge est de 20 ans. D’après les résultats, quasiment 30% des sondés ont connu une anxiété sévère, quand 22% d’entre eux ont été victimes d’une détresse sévère ou ont ressenti des idées suicidaires pour 11%.

Schéma représentant les différents troubles de santé mentale évoquées  par les étudiants. 
Image d'un garçon entouré de 5 données sur la santé mentale : détresse, stress, anxiété, dépression et idées suicidaires.

« Troubles de santé mentale évoqués par les répondants » d’après le CN2R.


Malgré ces statistiques affolantes, à peine plus de 10% des étudiants ayant déclaré au moins un de ces troubles ont consulté un professionnel de la santé. C’est peu et cela montre bien que les étudiants sont livrés à eux-mêmes. Ils n’ont pas de suivi psychologique pendant cette période de confinement.

Pour essayer de ne pas sombrer, certains sont passés par des plateformes tournées vers les étudiants. C’est notamment le cas de Nightline France, association visant à libérer la parole autour de l’anxiété étudiante. Leur but est ainsi de permettre aux jeunes de discuter de leurs problèmes. Et « malheureusement », le business fonctionne. Florian Tirana, président de la plateforme, déclarait en novembre dernier sur CNews que « plus de 3 000 personnes ont cherché à nous contacter sur l’année scolaire 2019-2020 ». Un nombre faramineux, qui représente même « le double de l’année précédente ».
Parmi les raisons pouvant expliquer cette baisse de la santé mentale, citons notamment une faible activité physique, une solitude accrue pour beaucoup ou encore un manque partiel ou total de suivi. Une liste non-exhaustive.

Des chiffres inquiétants pour les étudiants, mais pas nouveaux

Si ces résultats font peur, les étudiants n’ont pas forcément la vie simple même hors période de confinement. On peut ainsi aborder le cas des prépas, qui mettent ces premiers dans des positions difficiles avec énormément de travail.
Pour poursuivre sur le sujet, le CN2R estime que même en temps normal, presque 10% des étudiants connaissent une anxiété sévère. Tandis que 16% ont une détresse sévère et 8% ont des idées suicidaires.

Déjà en 2016, l’Observatoire de Vie Étudiante (OVE) avait réalisé une enquête sur la santé mentale. Avec 46.000 répondants, de 18 à 26 ans, 38% d’entre eux avaient jugé leur état de santé moyennement satisfaisant.
Parmi eux, les plus jeunes sont principalement les plus satisfaits. Ah, l’innocence de la jeunesse…

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La vie étudiante a donc été mise à mal, principalement pendant le premier confinement. Mais les pouvoirs publics sont au courant de la situation des futurs salariés de ce pays. « Nous sommes conscients qu’il y a des étudiants dans une situation psychologique très difficile. Il y a des suicides », lançait ainsi le Premier ministre Jean Castex lors de sa conférence de presse du 10 décembre 2020.

Le retour dans les campus ne devrait se faire qu’à partir de début février. Mais l’évolution de l’épidémie de COVID-19 dans le pays pourrait repousser encore cette échéance. Et même si les étudiants se retrouvent de nouveau, un autre confinement n’est pas à exclure à l’heure actuelle. À force de répéter ce scénario, difficile de savoir comment ces derniers appréhenderont la nouvelle. Une chose est sûre, cela ne fera sans doute pas beaucoup de bien.

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