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2020, une mauvaise année pour être jeune mannequin

2020, une mauvaise année pour être jeune mannequin

Une jeune femme assise la tête posée sur sa main droite

À la fois étudiante en école de commerce et mannequin professionnelle, Carla Rouillet pensait que sa vingtième année allait passer à toute vitesse ! Mais être jeune modèle en pleine pandémie mondiale est un vrai défi. La pression accumulée sur ses épaules a rendu l’année 2020 et sa crise sanitaire encore plus dures à gérer.

Comme tant d’autres jeunes adultes, Carla Rouillet a choisi la voie des exigeantes écoles de commerce. Mais en parallèle de ses études, cette Drômoise de 20 ans a poursuivi son activité professionnelle.

Carla est mannequin depuis plusieurs années déjà. Au fil du temps, elle a compris que les enjeux de ce métier n’étaient pas toujours ceux auxquels l’on pouvait s’attendre : « Les gens ont des clichés sur les modèles photo que j’aimerais arriver à démonter. On ne se fait pas maquiller pour prendre la pose, et on encaisse le chèque. On est vraiment challengés », insiste-elle. « Les séances photos sont longues et nécessitent à la fois une résistance à la fatigue et une concentration intense. Sans compter que ce n’est pas un exercice, alors on a pas le droit à l’erreur. Si les employeurs ne sont pas contents, ils le disent. » Il s’agit aussi de faire des sacrifices selon Carla : « On peut te demander de changer de tête du jour au lendemain, juste pour passer un casting ! »

« On peut faire 10 castings à tous les coins de la France… et n’être pris à aucun ! »

Carla Rouillet, mannequin

De plus, ce métier nécessite de se rendre disponible : « Il faut souvent se déplacer, par exemple beaucoup de mes activités ont lieu à Paris. Et il s’agit conjuguer cela avec les cours… » L’an dernier, la jeune femme était en classe préparatoire et avoue que ses études sont difficilement conciliables avec son activité de mannequin : « J’ai raté beaucoup d’occasions de jobs en or », regrette-elle. Selon Carla, de nombreuses jeunes femmes comme elle sont dans ce cas, à devoir jongler entre études et shootings. Un art souvent compliqué à gérer. « Sans compter qu’on peut faire 10 castings à tous les coins de la France… et n’être pris à aucun ! » Enfin, la jeune femme évoque des critères très exigeants à respecter :  « Pour la haute couture, il faut faire moins de 89 cm de tour de taille et entre 1.76 et 1.80 m. Sinon, ce n’est même pas la peine de postuler aux castings. »

« 2020 m’a mise au défi »

La crise sanitaire est venue s’ajouter à cette pression. Evidemment, beaucoup de jeunes, étudiants ou travailleurs ont eu des difficultés en 2020. Carla, elle, a été impactée par ces deux aspects. « Le moins qu’on puisse dire, c’est que 2020 m’a mise au défi. » Bien sûr, comme tous les étudiants, elle a fait face aux nouvelles difficultés imposées par les cours en ligne et l’isolement dû au confinement.

Mais du point de vue professionnel non plus, l’année n’a rien eu de réjouissant. Et pour cause, elle n’a pratiquement pas pu travailler. Son unique défilé s’est tenu à la Fashion Week fin septembre pour la Maison Mai, mais sans public. « Rien n’était comme pour les autres Fashion Week. Il y avait un nombre de personnes restreint à avoir en salle de préparation, donc pas de coiffeurs ni de maquilleurs… on a dû se débrouiller nous-mêmes », se désole Carla. « A cause de la pandémie, on est passés de pros à amateurs… »

A la Fashion Week de septembre, les défilés se sont déroulés à huit clos et ont été filmés puis diffusés sur Youtube.

Mais la jeune femme ne se plaint pas, même si les conséquences financières l’ont affectée. Son activité de modèle constituait effectivement une source de revenus non-négligeables pour elle. « Moi, je suis parvenue à rester occupée grâce à mes études, et des parents qui me soutiennent financièrement si besoin. Mais j’ai des collègues qui ne faisaient que ça, et qui se sont retrouvées sans aucun contrat. » S’il était possible de faire une demande d’aide suite au confinement de mars, le statut particulier de mannequin a fait que seuls peu de demandeurs en ont bénéficié.

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Pour les jeunes mannequins, des concours adaptés à la situation sanitaire

Mais les jeunes mannequins ont eu aussi dû faire avec l’annulation de nombreux concours et défilés. Cependant certains ont misé sur le distanciel. C’est le cas de ceux qui ont dû candidater au concours de modèles Elite. C’est l’un des plus célèbres en France et dans le monde. Ce dernier a dû ainsi se réinventer pour ne pas être annulé en 2020. Ce concours est un rêve pour certains jeunes modèles. Il a permis à Cindy Crawford ou Gisele Bündchen de se révéler. « Ce concours est un évènement immense. On y fait beaucoup de rencontres et c’est un avant-goût de ce que tu vas faire après, défiler devant du public et devant du jury, ça nous habitue », explique Carla, qui y avait participé en 2017.

Cette année, pour participer, les aspirants (jeunes hommes et femmes de 14 à 26 ans) ont dû s’inscrire sur une application, Elite Model Look. Après une présélection grâce à des photos et vidéos, ces derniers auront à passer un entretien en visioconférence. Le but étant de tenter de décrocher un billet pour la finale internationale, et plus encore, un contrat de deux ans avec une agence du groupe Elite.

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