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« La distribution de produits hygiéniques manquait dans les maraudes »

« La distribution de produits hygiéniques manquait dans les maraudes »

Marion Sacilotto est engagée dans une association contre la précarité menstruelle.

Manon Sacilotto, 19 ans est en deuxième année à l’école de commerce 3A. Depuis septembre 2020, elle est la nouvelle présidente de l’association Street’Act qui a pour but de lutter contre la précarité menstruelle des femmes sans-abris. 

Existe by ISCPA : Pouvez-vous nous présenter l’association ? 

Manon Sacilotto : Street’Act est une association née au début de l’année 2020. Elle a été créée par d’anciens étudiants de l’école 3A. Initialement, c’était un projet de cours mais ces derniers ont été très intéressés et en ont créé une association de la loi 1901. Elle a pour but de collecter des produits d’hygiène de tout types auprès des particuliers, des entreprises et des collectivités et de les redistribuer aux sans-abris.

EbY : Pourquoi avoir choisi cette association ? 

M.S : L’année dernière, j’étais juste bénévole. J’avais trouvé leurs actions vraiment utiles et intéressantes et cette année j’avais envie de m’engager dans un bureau. C’est pour cela que j’ai choisi cette association. La collecte et la distribution de produits hygiéniques manquaient beaucoup dans les maraudes. Ils ont eu la brillante idée de créer et de porter ce projet comme un bébé. J’ai trouvé génial que cela réponde à un besoin précis avec une vraie demande et qu’il ait un vrai impact.

EbY : Comment collectez-vous vos produits hygiéniques ? 

M.S : Nous n’achetons rien, faute de trésorerie et fonctionnons grâce aux dons. La plupart du temps, nous organisons des collectes dans les supermarchés, un peu sur le modèle des Restos du cœur. On se met à l’entrée, on se présente ainsi que l’association et à la sortie du magasin ils nous donnent leurs produits. C’est de cette façon que nous collectons le plus d’éléments. On essaye de récolter un maximum de produits et de ne pas se limiter aux gels douche et aux shampoings. On essaye de demander des rasoirs, des préservatifs, des produits menstruels.

Les récoltes faites en magasin pour la redistribution des produits. Crédit : Street’Act

EbY : Quels moyens sont mis en place ? 

M.S : Notre façon de récolter est toujours la même. Nous n’avons pas encore réussi à faire de partenariat plus pérenne avec une entreprise. Quant à notre moyen de distribution c’est simple : il s’agit de contacter des associations comme le Foyer de Notre-Dame des Sans-Abri, Vroom Shower, l’Auvent, l’Orée AJD, L’espace Communautaire de la Guillotière ou encore le Scouat de Villeurbanne. 

EbY : Comment luttez-vous contre la précarité menstruelle ? 

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M.S : On lutte contre la précarité menstruelle car c’est un axe de l’hygiène majeure. Nous tentons de lutter contre cela en travaillant avec des associations qui sont focalisées sur les femmes sans-abris. On leur distribue tampons et serviettes hygiéniques. Nous ne faisons pas d’action particulière contre la précarité menstruelle directement. 

L’un des bénévoles en pleine préparation d’une Maraude Crédit : Street’Act

EbY : Comment vivez-vous le fait d’être présidente d’une association aussi jeune ? 

M.S : Très bien, car nous agissons vraiment comme nous le sentons. Nous n’avons pas de pression, ni d’obligation de résultat. L’investissement se fait à hauteur de nos dispositions. Quand l’école nous demande plus de temps, nous faisons moins d’actions et inversement quand nous avons moins de cours. C’est une expérience extraordinaire car j’apprends plein de choses, ne serait-ce qu’en termes de gestion de projet, d’organisation ou de gestion des équipes. Je ne vis pas spécialement la chose comme étant présidente, car je me positionne au même niveau que les autres membres de l’équipe. Ce qui différencie c’est que, par exemple, c’est moi que l’on contacte pour des interviews, ou bien c’est moi qui démarche. Ça demande une implication un peu plus grande, mais ce n’est en aucun cas une corvée.  

L’association Vroom Shower met en place des douches et distribue des produits hygiéniques. Crédit : Street’Act

Pour en savoir plus sur Street’act, rendez-vous sur la page Facebook de l’association.

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