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« Il faut s’investir dans la politique locale »

« Il faut s’investir dans la politique locale »

Pour Samuel Soulier, adjoint à la mairie de 6e arrondissement de Lyon, l'engagement des jeunes dans la politique locale est primordial.

A la mairie du 6e arrondissement de Lyon, Samuel Soulier est en charge des seniors et de la jeunesse. Engagé dans la vie politique locale depuis cinq années, le jeune élu de 24 ans suit en parallèle des études de communication à l’EFAP. Il y poursuit sa quatrième année.

Lucas Mollard : En 2015 vous décidez de créer l’association 6visme. Elle a pour but d’apprendre aux jeunes le fonctionnement de la vie locale, de la citoyenneté à travers des conférences avec des acteurs de la société civile, du monde de l’entreprise et de la politique. Comment vous est venue cette idée ?


Samuel Soulier : Je trouvais qu’on ne voyait pas assez les jeunes s’impliquer dans la vie locale. Ils n’avaient que deux solutions pour s’impliquer. Soit ils s’engagent dans un BDE qui sert souvent à faire la fête et à organiser des soirées, soit ils s’engagent dans un parti politique, dans lequel ils sont souvent considérés comme des petites mains au service de campagnes électorales. On s’est donc dit qu’on voulait offrir un cadre citoyen aux jeunes pour qu’ils puissent s’engager et être acteurs de leur vie locale.


L M : Quel succès a connu cette association dans le quartier ?


S S : On a commencé avec une quinzaine de jeunes et on est monté jusqu’à une centaine de membres permanents. En tout, il y a un peu plus de 200 jeunes qui sont passés dans l’association en cinq ans.


L M : Depuis novembre 2019, vous avez décidé de quitter 6visme pour vous consacrer à vos études de communication à l’EFAP. À qui avez-vous laissé les manettes de cette association qui vous tenait tant à cœur ?


S S : J’ai effectivement laissé la main sur cette association. À la fois car je voulais me concentrer sur mes études mais aussi car j’en avais fait le tour. Je pense que c’est important de renouveler l’équipe avec des idées novatrices. J’avais également décidé de m’engager dans une campagne électorale. Je ne voulais pas qu’un parti politique s’associe à 6visme du fait de ma campagne. J’ai donc laissé la main à Alexandre Grimaldi qui était le trésorier de l’association. Il en est devenu tout naturellement le président, puisqu’il est impliqué depuis la création de 6visme.


L M : Depuis trois mois vous êtes adjoint à la mairie du 6e arrondissement. Quelle fonction vous y est attribuée et comment allier les études et ce poste d’élu ?


S S : Je suis adjoint au maire. Ce dernier m’a donné des délégations sur les seniors, la jeunesse, la solidarité et les relations intergénérationnelles. Ce sont des sujets assez vagues et divers mais qui me tenaient à cœur. Avec mes études, c’est parfois assez dur de jumeler les deux et c’est plutôt intense. Il faut savoir qu’à l’EFAP, nous n’avons que quatre jours de cours et un jour « off ». Je le consacre uniquement à la mairie. Pour le reste, je fais des aller-retours entre mon école et la mairie qui sont heureusement à 200 mètres d’écart l’une de l’autre. De temps à autre, je me rends à l’Hôtel de Ville lorsque j’ai des réunions que je ne peux pas décaler. L’EFAP m’autorise des absences pour pouvoir assurer mes fonctions.


L M: Quels sont vos premiers ressentis sur ce début de mandat qui prend place dans un contexte de crise sanitaire ?

S S : Il y a un double sentiment. D’un côté l’excitation, puisque c’est une nouvelle aventure qui commence avec beaucoup de projets et d’idées. Ce sont également des moments de rencontre avec des gens qui s’investissent tous les jours dans leur quartier, des directeurs d’entreprise et des présidents d’association. De l’autre côté il y a la frustration. On a envie de faire plein de choses mais on ne peut pas les mettre à exécution. Il y a tous ces gens qui sont désireux de participer à des événements, de retrouver du lien social, notamment chez les seniors mais aussi et surtout chez les jeunes. On ne peut malheureusement pas les satisfaire et leur organiser les événements qu’ils souhaitent. On essaye de rester constamment au contact des habitants.


L M : Que pensez-vous de l’investissement des jeunes dans la vie locale et plus largement dans la politique lyonnaise ?

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S S : Je trouve que c’est très important que les jeunes s’investissent dans la vie locale. A chaque élection les candidats parlent de construire Lyon pour les trente ans à venir. En revanche on ne demande pas beaucoup l’avis aux jeunes… Soit parce qu’on pense que leur avis est illégitime, soit parce qu’il n’y a pas beaucoup de jeunes qui s’investissent. Aujourd’hui il faut le faire ! Il faut donner son avis, toquer à la porte et si l’on nous ferme la porte au nez, il faut passer par la fenêtre. On a besoin de ce renouvellement des idées et de la façon de voir les choses pour notre ville. Dans cette optique, j’encourage tous les jeunes à s’engager.


L M : Pourquoi avoir décidé de rentrer en politique à votre âge ? Et tandis qu’on vit dans une des périodes les plus incertaines de notre siècle ?

S S : C’est quelque chose qui m’anime depuis que je suis tout petit. C’est aussi un héritage familial puisque mon grand-père André Soulier a été élu à Lyon, ainsi qu’au Parlement européen et au conseil régional. Il m’a donc transmis cette envie de faire de la politique. Ensuite, je pense qu’en vue de l’instabilité de cette période j’ai une vraie volonté d’agir à mon petit niveau pour essayer de changer les choses. Quoi qu’il advienne la meilleure façon de changer les choses, c’est d’entrer en politique. Cela permet de toucher tous les domaines tout en ayant une influence sur la plupart des décisions qui sont prises.


L M : Aujourd’hui élu local, vous ne cachez pas votre ambition de devenir maire de Lyon. Mais est-ce que le LR a encore une carte à jouer dans une ville qui a voté majoritairement pour les Verts ?

S S : J’ai effectivement dit il y a quelques années que mon but ultime était d’être maire de Lyon. C’est quelque chose qu’on idéalise, c’est la fin du parcours… Un jour ou l’autre et si l’occasion se présente, ça serait pour moi un immense honneur et une vraie fierté d’être maire de Lyon. Aujourd’hui, je ne prendrai pas en considération les résultats électoraux de 2020. Effectivement, il y a une vague verte qui correspond à une envie commune de traiter les sujets écologiques. Mais le taux de participation en 2020 fausse complétement les résultats, puisque les Verts ont été élu par 19% des inscrits sur les listes électorales. Donc on ne peut pas dire que la ville soit, aujourd’hui, majoritairement écologique. La droite a aussi son avenir à Lyon. Beaucoup de seniors ne sont pas allés voter par peur du virus et ils représentent un des principaux électorats de la droite.

Nous avons finalement souhaité savoir ce que Samuel Soulier pensait de l’état de la jeunesse en 2021. Pour ce dernier, la réponse est implacable : « c’est difficile d’avoir 20 ans aujourd’hui… » Écoutez sa réaction !

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