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Toujours plus difficile de s’insérer en tant que jeune journaliste

Toujours plus difficile de s’insérer en tant que jeune journaliste

Appareil photo et difficultés du journalisme

La crise économique et sanitaire frappe violemment le secteur du journalisme. L’insertion sur le marché de l’emploi pour les jeunes journalistes diplômés, est encore plus difficile.

La pandémie de la Covid-19 a entraîné l’une des plus graves crises économiques depuis la Seconde Guerre mondiale. Les jeunes sont durement touchés. Pôle Emploi compte près de 619 000 chômeurs qui ont entre 15 et 24 ans.
Le monde des médias, déjà en difficulté, fait également face à cette crise. Les suppressions de postes se multiplient dans de nombreux médias : Le Parisien, l’Equipe ou encore BFM TV.  Les jeunes diplômés en journalisme ont donc du mal à entrer sur le marché du travail.« Les premières demandes de cartes de presse étaient d’environ 1 770 pour l’année 2019. Évidemment en 2020, il y a eu un coup d’arrêt avec environ 1 300 demandes de premières cartes, soit une baisse de 25% » déclare Claude Cordier, vice-président Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP).

Une précarisation croissante de la profession

Mélissa, 23 ans, vient d’obtenir son diplôme de journaliste au CUEJ de Strasbourg, l’une des quatorze écoles reconnues par la profession. Depuis septembre, elle est sans emploi après avoir obtenu un CDD cet été de deux mois chez France Télévision Corse.

La jeune femme a dû retourner vivre chez ses parents. « Je ne trouve pas de CDD, ni de piges en ce moment. Je n’ai pas le droit au chômage ni au RSA » explique t-elle. Mélissa envisage de chercher un travail alimentaire d’ici un mois. « Je me laisse encore quelques semaines. Si je n’ai pas de retour positif de mes candidatures”. Elle a cependant décidé de tout faire pour exercer cette profession. 

De son côté Arthur, tout juste diplômé d’un bachelor à l’ISCPA Lyon*, réalise depuis octobre quelques piges pour BFM TV Lyon. Le jeune homme a effectué son stage de dernière année pour la chaîne d’information locale. « Mon stage de six mois a démarré une semaine avant le premier confinement. Durant cette période, j’ai travaillé dans un premier temps en télétravail. C’était vraiment compliqué pour aller sur le terrain, du coup j’ai décalé ma période de stage » lance t-il.

Le jeune journaliste effectue entre quatre et six piges par mois pour le média lyonnais. « Je travaille cinq ou six jours par mois avec eux. Ce n’est pas suffisant pour en vivre mais c’est un bon début. Je vis encore chez mes parents. J’aimerais bien quitter le nid mais je n’ai pas trop le choix« .

Arthur, jeune diplômé, veut devenir journaliste.
Arthur, jeune journaliste indépendant, tout juste diplômé

Arthur se laisse jusqu’à cet été pour faire un point sur son avenir.

Après avoir obtenu son diplôme à l’ISCPA Paris*, Théo avait décidé de réaliser une alternance début novembre. « J’avais été accepté au CFPJ à Paris* et j’avais trouvé une entreprise. Le souci c’est que la Rédaction voulait me prendre en contrat d’apprentissage. Ça leur coûte bien moins cher que de prendre des alternants. J’ai contacté une dizaine d’entreprises. C’était à chaque fois des réponses négatives ou des contrats d’apprentissage » lance t-il.

Théo se destine à devenir journaliste sportif

Le jeune diplômé a donc décidé de s’installer à Rome pour poursuivre un master italien en journalisme.

Des difficultés d’insertion depuis 20 ans

Ces difficultés pour s’insérer dans la profession ne sont pas nouvelles. Depuis une vingtaine d’années, les conditions d’insertion dans le secteur du journalisme se sont détériorées pour plusieurs raisons : le développement d’internet, la fragilisation des modèles économiques, la méfiance envers les médias…

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En 2019, d’après l’Observatoire des métiers, environ 28% des journalistes en première demande de carte de presse étaient en CDI. En 2000, c’était 66%.

Types de contrats des premières demandes.

Les revenus des jeunes diplômés sont également en baisse depuis près de 20 ans. En 2000, toujours selon l’Observatoire des métiers de la presse, le revenu mensuel brut médian des journalistes en première demande de carte de presse était de 2 327 euros (pour les journalistes en CDD). En 2019, il était de 1 659 euros.

Difficultés du journalisme à travers les revenus mensuels bruts médians.

Ce manque à gagner ne se compense pas au fil des années. Ces types d’emplois précaires sont de plus en plus fréquents au sein de la profession.

*Ces écoles sont privées et ne sont pas reconnues par la profession.

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