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« Je t’aime moi non plus » : la place des jeunes en politique

« Je t’aime moi non plus » : la place des jeunes en politique

Alexandre Vuillot se tient debout dans la salle de mariage à la mairie de Mâcon.

Le désamour entre la politique et les Français ne faiblit pas et la fracture semblait encore plus grande avec les jeunes. C’était sans compter les périodes de confinement. Selon un sondage de décembre 2020 pour Le Parisien, la confiance de cette génération a bondi de 15 % en un an envers la sphère politique.

« Pour ne plus se sentir à part, les jeunes doivent s’investir en politique ». À seulement 21 ans, Alexandre Vuillot voulait agir au niveau local. C’est maintenant chose faite puisque depuis mai dernier, il a été élu en tant que conseiller municipal à Mâcon. Son histoire en politique a commencé lorsque le Mâconnais a rejoint les Jeunes En Marche.

Frustré de ne pas pouvoir mettre en place ses idées, il a eu « l’opportunité de se joindre à la liste de Patrick Courtois » le maire sortant. Étudiant en marketing à Dijon, il est fier de son parcours, lui qui n’a pas « fait de grandes études à HEC ou Sciences Po ».

Même si la confiance dans la politique a augmenté, les jeunes sont toujours sous représentés. Suite aux élections municipales de l’année dernière, les mairies se sont remplies d’une nouvelle vague. Ou presque. Avec seulement 4 % de maires ayant moins de 40 ans, vous avez bien lu, 40 ans, le vent de fraîcheur n’a pas soufflé. 

Des exceptions existent cependant avec notamment Hugo Biolley, le plus jeune maire de France. Alors quelles conclusions tirer ? Les jeunes doivent-ils faire face à un plafond de verre ? Ou est-ce une conséquence d’un désintérêt pour la politique traditionnelle ? 

Révolutionner ou modifier la politique ?  

Pour Anne Muxel, « n’ayant connu que les crises sociales économiques et aussi politiques taraudant la société française depuis une bonne trentaine d’années, les jeunes sont de fait, porteurs d’une défiance globale ».

La sociologue se veut tout de même rassurante au micro de France Culture puisqu’elle évoque une transformation « de l’engagement politique car cette génération s’est tournée vers l’humanitaire et les milieux associatifs ».

Alors est-ce que l’on peut considérer que les jeunes vont révolutionner la politique ? J’aurais aimé vous répondre oui en me replongeant dans les documentaires sur mai 1968. Mais à l’image d’Alexandre Vuillot, beaucoup préfèrent moderniser la politique de l’intérieur.

 « C’est important de comprendre que nous avons accès à des postes à responsabilités. Beaucoup de jeunes se sont engagés dans une association pour l’environnement et ils ont raison. Je les invite à défendre leurs idées au sein des institutions politiques françaises.« 

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Pour Samuel Soulier, adjoint à la mairie de 6e arrondissement de Lyon, l'engagement des jeunes dans la politique locale est primordial.

Alexandre a raison de parler de l’écologie. Selon un sondage de Diplomeo, parmi les thématiques qui intéressent les moins de 25 ans, on retrouve l’écologie à la 3ème place. La protection de notre planète n’est devancée que par l’éducation et l’égalité homme/femme. 

La génération des vingtenaires ne sera sûrement pas celle qui lancera une révolution. Elle ne sera pas non plus à l’origine de la fin de la politique telle que nous la connaissons. Peu importe la forme, que ce soit dans une mairie ou dans une association, les jeunes défendront leurs valeurs. 

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