Now Reading
Surtout bien dormir avant de mourir

Surtout bien dormir avant de mourir

Le manque de sommeil chez les jeunes est souvent dû aux écrans

Retrouvez cette semaine deux billets d’humeur qui traitent de l’actualité de manière un peu philosophique, avec de la poésie si vous voulez la trouver et écrits avec la passion d’un jeune journaliste en devenir. Bref, je m’appelle Corentin. Voici mes pensées un peu mieux organisées, pour un nouveau sujet sur le sommeil chez les jeunes !

En plus de lire ce billet, vous pouvez aussi l’écouter !

Si je devais décrire ma scolarité, je commencerais par ces longues heures, à lutter contre le sommeil.

Chaque jour, c’était la même histoire. Dix minutes après le self, je suis là, assis sur ma chaise, un cahier devant moi.  Tout commence par un léger poids sur les paupières supérieures. Elles sont de plus en plus lourdes. Et c’est au gré des commentaires de mon professeur que mes yeux naviguent. Le corps entame sa lente escapade. Cela commence par le coccyx qui semble fondre sur la chaise. Mes bras ne peuvent rien retenir, ils sont tétanisés par une force supérieure invincible. C’est vers le mot, « anticonstitutionnellement » que tout à commencer à aller très vite.

Comme une triple dose de somnifères avalés en une seule fois, l’effet est immédiat, incontrôlé, subit. Genoux qui fléchissent sous le poids de mon corps en chute libre sous la table. Le stylo flanche, mon bras passant de l’état tendu à l’état moelleux. Ma tête ne tient plus, mes paupières s’embrassent, ma bouche s’ouvre petit à petit et puis d’un coup, un filet de bave vient à s’évader… Au premier contact avec le creux de ma bouche, c’est l’alerte maximale. Mon corps se raidit, alors que mes yeux ne sont même pas encore ouverts. Mon stylo roule par terre, mon crâne se redresse avec la difficulté d’un bodybuilder effectuant un record du monde de développé couché. La bave remonte. Je manque de m’étouffer, et je me remets à écrire comme si de rien était.

Mon voisin a trouvé ça louche, sans doute parce que j’avais encore les yeux fermés.

Débrancher pour mieux se reconnecter à son sommeil

Si je vous raconte cette petite histoire, c’est que je pense ne pas être le seul à vivre ces petits moments d’égarement. Et si ce n’était pas en cours, le schéma pouvait se reproduire dans le métro, dans le bus, devant une assiette. Bref, c’est une situation aux multiples contextes.

Mais qui n’est pas normale pour autant. TNS Healthcare et l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance nous informent à travers une grande étude qu’un tiers des Français dorment six heures, ou moins, par nuit. Le problème, c’est que les spécialistes suggèrent de dormir entre 7h et 9h. 

On pourrait se dire que ça va, qu’on est jeunes. Mais ce serait la fausse bonne idée du jour. Une large étude menée par la Warwick Medical School se penche sur le manque prolongé de sommeil. Il pourrait « augmenter jusqu’à 48% le risque de crise cardiaque et de troubles cardiovasculaire, souvent responsables de décès précoces. » 

Et pour continuer avec les études, celle de la revue scientifique British Medical Journal Open est intéressante. Elle explique en partie la diminution du temps de sommeil chez les jeunes par les écrans. En effet, plus de quatre heures d’utilisation d’un écran dans la journée chez un jeune de 16 à 19 ans « augmente de 49% le risque de mettre plus d’une heure à s’endormir. ». De plus, l’utilisation de trois appareils en simultané « accroît de 50% le risque de dormir moins de 5h par nuit. » Et ça arrive peut-être plus souvent qu’on ne le pense. Il suffit d’une télévision, d’un ordinateur pour travailler et d’un téléphone pour répondre aux messages de nos amis.

Le confinement a volé mon horloge biologique

Alors on en vient à parler du confinement, pendant lequel ce type de pratique est de plus en plus courant. Pour parler un peu sciences, notre horloge biologique est complètement déréglée. Moins de soleil, manque d’activité et perte de repère temporel forment le combo parfait pour faire tout simplement péter un câble à notre corps. Bref, on se couche plus tard, parfois on dort beaucoup trop, ou même pas assez… et ça, ce n’est pas bon.

En plus de cela, nous avons tendance à combler le vide de nos journées par la consommation d’excitants tels que le café, le thé, les cigarettes ou bien encore l’alcool. Or nous nous dépensons moins, et garder la même consommation revient à faire cuire de l’essence dans une casserole. Ce n’est pas sain.

See Also
cancer de la prostate chez l'homme et du sein chez la femme, les plus fréquents

Le cocktail parfait du manque de sommeil et du mode de vie qui en découle se finit finalement par des cas précoces de diabète, d’obésité, et de maladies cardiovasculaires, d’infections à répétition et sont des terrains fertiles pour le cancer, entre autres…

Bien dormir ça suffit

Et là je porte enfin le coup de grâce à nous, qui nous disons que l’on dort bien assez, et que nous ne sommes pas concernés par ces mauvaises habitudes. Sachez que dormir plus de 9h par nuit vous fait encourir exactement les mêmes risques. Et même avec un peu plus d’originalité. Parce que cette fois, l’étude de l’université de Boston alerte sur l’augmentation des risques quant au fait de développer une maladie d’Alzheimer, entre autres… 

Pour faire simple, ce n’est pas parce que l’école est venue dans les lits que le tien doit être ta nouvelle salle de classe.

Alors oui, ce n’était pas forcément très poétique tout ça. Je sais, aujourd’hui c’est un peu plus blouses blanches et microscopes. Mais des sujets aussi importants ne sont à mon goût pas assez traités. Les risques de dépression sont démultipliés par le manque de sommeil. Et notre génération a parfois tendance à oublier d’écouter son corps, dès qu’une nouvelle série Canal + arrive. Sauf qu’à la fin de la saison, nous sommes seuls avec notre corps épuisé.

Il est important de vivre pour ses rêves, et de dormir pour les réaliser. Bien dormir ne se marque pas sur un CV, mais est le meilleur passeport pour une vie au format CDI.

Scroll To Top