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Le monde du rap toujours plus concurrentiel

Le monde du rap toujours plus concurrentiel

Rap : Jomo derrière son micro

Le rap est le genre musical le plus populaire en France. De plus en plus écouté sur les nombreuses plateformes, il connaît depuis trente ans une éclosion notamment lancée par les groupes IAM et NTM. Dans l’Hexagone, près de 20 000 jeunes se sont lancés dans le rap et son écriture particulière depuis 2010. C’est le cas de JOMO et EDRF, deux rappeurs francs-comtois.

Le rap est probablement le genre qui s’est le mieux adapté aux nouvelles plateformes à disposition des artistes et notamment des nouveaux rappeurs en pleine éclosion. Sur Instagram ou sur TikTok, de nombreux talents y éclosent aujourd’hui, directement jugés par une audience importante. Booba, Jul, Ninho et bien d’autres ont su conquérir leur public dans un premier temps sur YouTube, avant de passer à Instagram afin d’échanger avec leur propre communauté. L’utilisation du réseau social prend désormais une place conséquente dans leur quotidien et dans leur projet.

Depuis 30 ans le rap connaît un réel essor et il n’a cessé d’évoluer pour toucher une nouvelle génération acquise à sa cause. IAM, NTM précurseurs d’un nouveau style et lanceurs de paroles visées ont rapidement laissé place à d’autres talents. Orienté d’abord politiquement, le rap est devenu un langage spécifique basé autour de plusieurs thématiques essentielles (drogues, armes, quartiers, femmes).

Trente ans plus tard, ce genre musical est de plus en plus vivant et il fait durablement partie des industries musicales. Dorénavant la scène rap française est même l’une des plus visibles et garnies au niveau international.

Le rap s’exporte partout

Selon des études fondées sur la réussite, les villes de Paris et Marseille, pourtant concurrentes dans le monde du football, sont de réelles pourvoyeuses de rappeurs évoluant désormais dans la cour des grands.

En parallèle de cet univers, le rap est un art disponible, notamment apprécié par les jeunes mais accessible à tous à n’importe quel âge. Nombreux sont les rappeurs originaires d’autres villes que les deux mastodontes cités précédemment, qui tentent d’exister dans ce milieu avec des moyens inférieurs et des problématiques à gérer à côté.

C’est le cas notamment de Jomo et EDRF. Joseph Besnier et Dylan de leur vrai nom, ont fait leurs preuves sur la scène franc-comtoise, malgré leur jeune âge. Si depuis quelques années, les deux ont su se surpasser afin de mettre à profit leurs qualités dans ce domaine pour sortir des musiques clipées et un album, ils ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin et encore moins se reposer sur leurs acquis. « L’objectif c’est de continuer à charbonner de mon côté pour mettre à profit l’engouement et la popularité naissants qui m’accompagnent dans ses premiers pas », explique Jomo dont l’album « The One » est sorti fin août.

De l’autre côté la mixtape « Sommeil » est en cours et devrait rapidement faire son apparition sur le devant de la scène avec au programme 15 sons. « En 8 ans, j’ai développé de l’expérience, j’ai essayé beaucoup de nouveautés, je me suis lié à une boîte de production. Mais sortir sa mixtape, c’est une folie », s’enthousiasme EDRF.

Le jeune rappeur EDRF tient un micro pendant un concert.
EDRF dans le clip de « Moi-même« , une de ses chansons.

Des débuts personnels

JOMO, vingtenaire originaire de Besançon, résidant à Pontarlier et désormais affilié à la ville de Lyon pour sa licence de sciences politiques, s’est lancé dans le rap en 2018. « Je n’ai jamais touché à un quelconque instrument, mais beaucoup de personnes m’ont dit que ma voix était belle. J’adore lire et écrire, donc combiner ma voix et l’écriture, c’était un devoir pour moi », se remémore-t-il. Premier rappeur couronné aux Victoires de la Musique, Orelsan a joué un rôle déterminant dans la carrière de JOMO. « Pour le style je me suis inspiré de ce rappeur car il vient d’une petite ville et c’est plus facile de s’identifier à lui. J’essaye toutefois d’avoir ma propre écriture et un style singulier afin de me démarquer des autres », indique Joseph Besnier.

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Si son parcours semble des plus singuliers, d’autres naissent bien autrement. « J’étais dans le graff auparavant, donc j’ai été bercé par milieu du hip-hop, qui ressemble énormément à celui du rap. En parallèle, j’avais besoin d’extérioriser sur ma vie, donc je me suis mis à écrire. Suite à ces expériences, j’ai pris la direction du rap », se remémore EDRF. Dans ses souvenirs, de nombreux concerts sont venus renforcer des ambitions qui ne font que monter d’année en année. « À 13 ans je faisais des concerts, et c’est ce partage qui m’a marqué et m’a donné envie de me lancer dans l’aventure rap », ajoute ce fanatique d’Hugo TSR et PLK, qui réalise une licence en management du sport.

Jomo en studio d'enregistrement.
Jomo, ici dans son clip de « Aaliyah« .

L’éclosion du rap chez les jeunes perçue de l’intérieur

Si le milieu social des rappeurs s’est aussi diversifié, nombreux sont ceux qui l’ont fait évoluer. Orelsan, originaire de Caen, Lomepal, du XIIIe arrondissement de Paris et BigFlo & Oli de Toulouse y ont participé. Cette grande mixité régionale à fait éclore un rap moins terre-à-terre, donnant une chance à tous, y compris les jeunes. « Pour moi c’est plus dur d’éclore dans une grande ville, les rappeurs sont plus nombreux et la possibilité de se créer un cercle proche est réduite », assure JOMO.

A l’inverse Dylan n’est pas de cet avis. « Dans les grandes villes, il y a des opportunités avec de grandes structures d’encadrement, et les connexions pour faire des featurings sont plus accessibles. »

Mais finalement d’où vient cette éclosion du rap ? Pour les deux, il ne faut pas chercher très loin. L’explosion des nombreux genres comme l’afro trap, le hardcore et bien d’autres styles de rap ont poussé de nombreux jeunes sur la scène et fait mûrir ce genre dans une société longtemps bercée par sa propre variété. « C’est une musique qui s’est démocratisée, elle est provocatrice et plaît énormément aux jeunes. Il y a aujourd’hui des rappeurs pour tout le monde, c’est ce qui fait son charme » conclut JOMO.

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