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Trouver un job étudiant pendant la crise : mission impossible ?

Trouver un job étudiant pendant la crise : mission impossible ?

Jeune étudiante qui a un job lavant les vitres

Confinement, couvre-feu, confinement, couvre-feu… Le quotidien de dizaines de millions de Français se retrouve bouleversé par les consignes du Gouvernement depuis plusieurs mois. Et la crise financière qui en découle fait chuter les offres d’emplois pour les étudiants. 

Après deux confinements en 2020, les jeunes voient leurs jobs étudiants disparaître. Malgré les nombreuses plateformes à disposition comme Indeed ou des agences d’intérim, les jeunes sont désespérés par le manque de petits boulots. Or, selon l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), « durant une année universitaire « classique », un peu moins de la moitié des étudiants (46 %) exercent une activité rémunérée (enquête CDV 2016) ». Des jobs qui, pour la plupart, leur permettent de financer leurs études et/ou de payer leur appartement. 

Problème : la crise sanitaire a fortement modifié la donne. D’après l’OVE (enquête datant de septembre 2020), « 58 % des étudiants qui exerçaient une activité ont ainsi arrêté, réduit ou changé leur activité rémunérée et 36 % l’ont interrompue. Un arrêt encore plus fréquent chez les plus jeunes avec 58 % des moins de 20 ans contre 25 % des plus de 26 ans ». 

La pauvreté prend le relais

La précarité des jeunes croît ces derniers mois. Les sites internet comme Indeed voient « le nombre d’offres de jobs étudiants chuter de 24 % en septembre 2020 par rapport à septembre 2019. Les petites boutiques ont moins besoin de vendeurs car leur activité est réduite. Les offres concernant la vente au détail ont par exemple chuté de 30 %. Et en restauration, elles ont baissé de 50 % par rapport à septembre dernier », constate Alexandre Judes, économiste chez Indeed

Ces difficultés se sont accumulées, c’est ce que constate Tristan, un étudiant en deuxième année QSE (Qualité Sécurité et Environnement) à l’UCLY, école basée à Lyon :  

Tristan, n'a pas trouvé de job étudiant depuis août 2020, dû à la crise sanitaire.
Tristan, jeune étudiant en deuxième année QSE, ne trouve pas de job étudiant à cause de la crise sanitaire. Crédit : Tristan Doiret

« Pendant la pandémie, la question de l’emploi est assez compliquée. Ma situation est telle que je n’ai pas pu retrouver du travail depuis août 2020. De base, je marche beaucoup avec les agences d’intérim et j’ai beau les recontacter encore et encore, ce sont des missions qui ne correspondent pas au statut étudiant. Idem pour les petits boulots, ils ne recrutent pas les statuts étudiants. C’est vraiment compliqué parce que même si je vis chez mes parents, j’aime avoir mon indépendance. Tout ce qui concerne la vie courante, c’est à moi de me le payer et depuis août, je dépense toute mon épargne. Je survis par la force des choses… »

Pourtant le Premier ministre avait annoncé jeudi 26 novembre, la création de 20 000 jobs étudiants. Des contrats passés par les Crous (centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires) pour une durée de quatre mois, à raison de 10 heures par semaine. « Le niveau des offres est inférieur de 15 % à 20 % par rapport à la même époque l’année dernière », explique un des porte-paroles de l’organisation. Du fait d’un taux plus faible de disponibilité des offres d’emploi, la concurrence entre les jeunes est bien plus présente. 

Un jeune étudiant constate que, même avec un CV assez complet, les offres ne sont pas plus présentes. 

Perdre son job en pleine crise sanitaire

Il est de plus en plus rare de se voir offrir un job étudiant, même si en temps normal cela n’est pas toujours évident. Cette quête est devenue un véritable casse-tête avec la crise de la Covid-19. 

Chaque année, de nombreux étudiants comptent sur le domaine de la restauration. Elle recrute habituellement beaucoup d’étudiants mais est lourdement touchée par la crise sanitaire. Les effectifs se réduisent et les CDD ou CDI sont annulés. C’est ce dont Lucas peut témoigner. Jeune étudiant de 21 ans en école privée, il avait pourtant réussi à trouver un job dans le domaine de la restauration rapide début octobre : 

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Lucas, a perdu son travail au deuxième confinement, un problème pour assurer son école payante.
Lucas, étudiant en deuxième année en école de commerce, a perdu son job étudiant. Crédit : Lucas Valvidares

« Début septembre, j’ai démarré un nouveau cursus et celui-ci s’avère payant. Parallèlement, j’ai été contraint de prendre un appartement pour vivre à côté de mes lieux de vie. J’ai déposé plusieurs candidatures spontanées et quelques jours plus tard, j’ai été accepté dans le domaine de la restauration rapide. C’était une aubaine car j’en avais vraiment besoin. Mais malheureusement, l’instauration du couvre-feu est vite arrivée et nous étions très nombreux là où je travaillais. Et comme on dit, les derniers arrivés sont les premiers partis. Je n’ai pu travailler qu’un seul mois… ». Un coup dur pour l’étudiant qui ne savait plus quoi faire pour continuer son cursus. « Nous sommes fin janvier et j’ai réussi à retrouver un travail dans le commerce. Mais ma situation est toujours autant bancale », se désespère Lucas. 

Ces situations ont accentué la précarité chez les jeunes et d’après l’étude OVE, « pendant le confinement, un tiers des étudiants ont déclaré avoir rencontré des difficultés financières. Parmi eux, la moitié (17 % de l’ensemble) les considèrent plus importantes qu’habituellement. »

Des étudiants encore en CDI

Mais pas de cause perdue d’avance ! Certains jeunes ont pu garder un job vital à leur vie. Cependant, la crise sanitaire a aggravé leurs conditions de travail. Le domaine de l’alimentaire n’a lui, tout comme les hôpitaux, jamais cessé ses activités. Il a même dû redoubler d’efforts pour permettre à la population de bénéficier des premiers besoins.

C’est ce qu’exprime Jana, jeune étudiante en deuxième année de BTS immobilier, travaillant 15 heures par semaine à Carrefour Vénissieux. « Avec la situation actuelle, c’était la pire période à vivre. Cela fait plus d’un an et demi que je travaille dans l’enseigne et je n’avais jamais vu ça. Les gens sont complètement déchainés et irrespectueux. Tant qu’il y a des clients dans le magasin, les caissières doivent être présentes. Les salariés caissiers ne sont pratiquement que des étudiants et, il faut le dire, nous ne sommes que très peu respectés. Quand vous vous retrouvez face à des adultes qui vous insultent, c’est très difficile de tenir psychologiquement et physiquement. Ce n’est plus une situation supportable. Mais pour le moment, je ne peux me permettre de partir et quitter mon travail », témoigne la jeune étudiante. 

Si certains étudiants ont le luxe de pouvoir bénéficier d’un CDI en cette période, les conditions de travail ne sont pas forcément exemplaires.

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