Now Reading
La jeunesse de France et d’Europe en cartes

La jeunesse de France et d’Europe en cartes

population 15 24 ans europe

La France et l’Allemagne sont les leaders européens, surtout depuis le Brexit du Royaume-Uni. Ces nations sont les plus grandes puissances économiques d’Europe, si l’on excepte la Russie. Notre pays a d’autres atouts, il possède le plus haut taux de fécondité de l’Union européenne, avec 1,88 enfant par femme. Un pays qui a encore une belle jeunesse donc, avec un âge moyen plus jeune que certains de ses voisins comme l’Allemagne ou l’Italie. Mais si la France apparaît dynamique pour sa jeunesse d’un point de vue économique et social, comment se place-t-elle par rapport à l’Europe ? Éléments de réponse en cartes.

Une démographie dynamique

Deuxième pays le plus peuplé de l’Union européenne derrière l’Allemagne (82 millions d’habitants), la France (66 millions) compte en revanche une proportion de jeunes plus importante que l’Allemagne. Selon Eurostat, la part des 15-24 ans est de 11,7% en France contre 10,5% en Allemagne. Il y a également moins de jeunes en Espagne (9,7%) et en Italie (9,7%). C’est Chypre, avec 13,2%, qui possède la part de jeunes dans sa population la plus importante.

En plus d’avoir une bonne proportion de jeunes en France, notre population n’est pas aussi vieillissante que certains de nos voisins, comme l’Allemagne, l’Italie ou la Grèce, où plus de 21% de la population est âgée de 65 ans et plus. Selon Europa.eu, en France en 2019, cette part était de 19,7%. Mieux encore en Irlande, où seuls 13,8% de la population ont plus de 65 ans. Pourquoi mieux ? Car une population plus jeune est une population plus dynamique, plus intéressante pour développer une croissance économique.

Et puis s’ajoute à cela notre rapport à la famille et aux enfants. Comme évoqué, nous avons le plus haut taux de fécondité de l’Union européenne. Dans la hiérarchie de l’âge moyen des femmes au premier enfant, là aussi, la France est plutôt en avance. Si dans des pays de l’Est (Pologne, Roumanie, Bulgarie) les jeunes femmes ont en moyenne un enfant avant 27 ans, la France arrive juste après, puisqu’en 2015, selon Eurostat, les Françaises avaient en moyenne un premier enfant à 28,5 ans. Ici aussi, nous sommes le premier au classement parmi les pays d’Europe de l’Ouest. Fait marquant ici, ce sont les États méditerranéens (Espagne, Italie, Grèce) qui ont le plus évolué puisqu’aujourd’hui les femmes de ces pays n’ont en moyenne pas d’enfant avant 30 ans.

La France est donc globalement forte en ce qui concerne la dynamique de la démographie. Malgré des territoires délaissés comme la diagonale du vide, les jeunes sont présents et continuent de créer des familles avant la trentaine en moyenne. De plus, nous sommes toujours en croissance démographique, certes légère, mais c’est mieux que l’Italie par exemple, qui est en baisse démographique.

Rien de comparable cependant avec les pays en voie de développement, notamment en Afrique, où l’âge médian se situe souvent entre 14 et 20 ans. En Europe et dans les autres grandes puissances mondiales, cet âge médian est plutôt autour de 40 à 45 ans. Une jeunesse africaine qui vient d’ailleurs rajeunir les populations européennes par les flux migratoires. Tout comme elle promet un développement du continent africain.

Une économie difficile pour la jeunesse

Alors si la jeunesse française est bien présente, avec environ 8 millions de 15-24 ans selon l’Insee, et qu’elle est intégré dans une population dynamique, le secteur économique devrait être favorable aux jeunes.

D’un point de vue économique, la France reste un pays riche, avec environ 44 000$ par habitant. Mais elle n’est pas dans les meilleurs en Europe. Elle est devancée par les pays scandinaves, les Pays-Bas, l’Autriche, la Suisse ou encore le Luxembourg. Mais cela reste similaire au Royaume-Uni et à l’Allemagne et mieux que l’Espagne et l’Italie.

La véritable difficulté de l’État français dans l’économie de la jeunesse, c’est le taux de chômage touchant ces derniers. En novembre 2020, il culminait à 22,1% pour les moins de 25 ans, selon l’Insee et Eurostat. Si l’Espagne et la Grèce font pire avec plus de 30%, la France est parmi les plus en difficulté dans l’emploi des jeunes, pas aidée par la crise sanitaire. La situation est bien plus enviable pour les Pays-Bas, l’Allemagne, la République Tchèque et la Pologne. Ils ont moins de 10% de chômage chez les jeunes.

Même si des solutions se développent pour améliorer l’emploi des jeunes, cela reste une grosse difficulté de l’État français, notamment en comparaison de l’Allemagne.

Une société moderne mais moins croyante

Dans l’aspect sociétal de la jeunesse française, un fait marquant est cette ouverture sur l’Europe, symbolisée par le programme Erasmus. La France est le pays qui envoie le plus d’étudiants dans l’Union européenne, selon les chiffres de 2018 de la Commission européenne. Bien sûr, la France envoie plus d’étudiants que de plus petits pays. Mais c’est aussi plus que l’Allemagne, le Royaume-Uni ou l’Italie, à la population semblable ou supérieure à la France.

C’est un symbole de l’ouverture de la France sur l’Union européenne. Un bienfait dont profitent les jeunes, avec cette possibilité très simple de partir étudier à l’étranger. Surtout quand il n’y a pas une crise sanitaire.

Autre grande évolution depuis le siècle dernier, le rapport des jeunes européens à la religion. Ce dernier est passé d’incontournable à presque marginal aujourd’hui. Selon les chiffres de l’Institut catholique de Paris et l’Université catholique britannique St Mary’s relayés par La Croix en 2018, en France seulement 36% des 16-29 ans auraient une croyance religieuse. 23% se disent catholiques, 10% musulmans, 3% sont d’autres cultes.

Les chiffres sont assez disparates. Certains pays ont moins de 30% mais la moyenne est plus proche de 40% à 60% en Europe de l’Ouest (Royaume-Uni, Espagne, Allemagne). Ces chiffres sont globalement faibles par rapport à la génération précédente. L’immense exception est la Pologne, très croyante. Elle compte près de 83% de jeunes de 16 à 29 ans très catholiques. Le pape Jean-Paul II était également originaire de ce pays. Une contrée aux valeurs conservatrices sur de nombreux aspects, comme l’avortement, ce que l’on peut lier à ses valeurs chrétiennes.

Politique peu écologique, président jeune

En parlant de politique, penchons-nous sur les dirigeants des nations européennes. Sont-ils un reflet de la jeunesse ? Bien souvent, non, et la France, avec Emmanuel Macron (43 ans), a l’un des plus jeunes dirigeants européens.

Il est bien plus jeune qu’Angela Merkel (66 ans) ou Vladimir Poutine (68 ans). Plus jeune aussi que d’autres présidents, comme Andrezj Duda (48 ans) en Pologne ou Viktor Orban (57 ans) en Hongrie. De même par rapport à nos autres voisins, Giuseppe Conte (56 ans, Italie), Pedro Sanchez (48 ans, Espagne) sont plus âgés. Cette élection a donc été une preuve de confiance pour la jeunesse assez rare en Europe.

Deux pays font toutefois bien mieux que la France et se rapprochent de la vingtaine. Sebastian Kurz (34 ans) est le chancelier autrichien et Sanna Marin (35 ans) est la Première ministre finlandaise.

See Also

Si la France et certains autres pays européens ont fait le choix d’un président jeune, aucun n’est actuellement dirigé par un candidat écologiste. Entre 2015 et 2019, Raimonds Vejonis a été le premier président écologiste d’un pays de l’Union européenne, mais n’est plus en poste aujourd’hui.

Alors quelle est la réelle présence politique des écologistes dans les pays européens ? Difficile à quantifier, d’autant plus que des élus non-écologistes peuvent faire une politique écologique très forte. Pour représenter cette force écologiste qui monte en Europe, prenons les résultats des élections européennes de 2019. Elles révèlent la nouvelle génération d’électeurs, ceux qui ont la vingtaine aujourd’hui et qui sont proportionnellement plus impliqués dans l’écologie.

La fracture est bien visible entre l’Europe de l’Est et celle de l’ouest. L’écologie est une priorité à l’ouest, alors que l’est, encore en développement, connaît moins ce mouvement. En Europe du Nord et à l’ouest, tous les États ont élu au moins un député européen écologiste. La France est bien présente, avec 12 députés écologistes sur 74. Mais le vrai vainqueur écologiste de ces élections c’est l’Allemagne, avec 25% de députés écologistes (24 sur 96). En tout il y a 78 sièges sur 751 occupés par des écologistes. C’est mieux qu’en 2014 (52 sur 751).

Sport : dur au quotidien, excellents pros

Enfin on peut évoquer le sport, sujet léger en apparence mais qui révèle autre chose, notamment sur les mentalités des jeunes en Europe. Ce premier indicateur, pointé par l’OMS et révélé dans une étude de Lancet en 2016, est la part d’adolescents qui ne pratiquent pas l’heure quotidienne d’activité physique recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Contrairement à la majorité des cartes et études que nous avons vues, ici c’est l’Europe de l’Est qui fait mieux que l’Europe de l’Ouest. Et surtout mieux que la France, dans laquelle les garçons (entre 80% et 85%) et les filles (plus de 90%) souffrent d’un énorme manque d’activité physique chez les jeunes. Pour les adolescentes, la France est même le pire pays européen avec l’Italie et le Portugal.

S’il y a peut-être un manque d’attrait pour les activités sportives, cela peut aussi s’expliquer par une jeunesse plus citadine que dans les pays d’Europe de l’Est. Mais aussi par un usage de plus en plus important des écrans sur le temps libre. Tout ceci aux dépens de l’activité physique.

Pour finir sur une note sportive plus positive, soulignons les efforts réalisés pour amener les jeunes au sport, avec des associations comme Sport dans la ville. Sans oublier les aides comme sport-étude pour encourager et accompagner la jeunesse sportive de haut niveau. Et il est vrai que les jeunes Français sont très performants dans de très nombreux sports, entre les centres de formations français de football, les champions mondiaux de tennis, les jeunes basketteurs sélectionnés pour jouer en NBA ou enfin notre dixième place aux derniers Jeux Olympiques de la Jeunesse…

La France investit dans la jeunesse, l’accompagne, l’aide. Il ne faut pas le nier, tous n’ont pas cette chance. Mais avec toute cette puissance, cette jeunesse dynamique, elle est capable d’encore mieux, ce qui se voit déjà dans le monde du sport de haut niveau. Nous devons maintenant tenter de faire aussi bien en écologie ou en économie, dans la relance après la crise sanitaire.

Auteur

Scroll To Top