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Upcycling : « Repenser notre façon de consommer la mode »

Upcycling : « Repenser notre façon de consommer la mode »

Un confinement, un peu d’ennui et beaucoup de couture et de créativité. Voilà ce qui a poussé Nina et Julia à créer leur compte Instagram « d’upcycling ». Le but est de « repenser notre façon de consommer la mode », comme écrit en description de leur compte Theupcyclingsquad. Mais c’est quoi en clair l’upcycling ?

Voilà que Julia et Nina s’adonnent au même passe-temps pendant le premier confinement : la couture. Il n’en fallait pas moins pour que les deux filles décident de créer un compte Instagram pour montrer leurs tutos et leurs créations. Elles pratiquent ce qu’on appelle le « upcycling ». Upcy – quoi ? Upcycling, qui donne en français «surcyclage » et signifie littéralement « recycler par le haut ». Il s’agit de redonner vie à un objet en le transformant. Alors pour ces deux grandes fans de mode, c’est le compromis parfait : créer des vêtements à base d’autres vêtements, pour polluer le moins possible et développer leur créativité.

Seul nécessité : apprendre à coudre. « J’ai appris à coudre pendant le premier confinement, parce que j’avais beaucoup de temps », explique Julia. Quant à Nina, elle connaissait déjà bien les techniques : « C’est ma mère qui m’avait appris. Et pendant le confinement, j’ai repris la machine à coudre pour faire mes propres créations, avec des vêtements de seconde main. »

« Mettre en avant des personnes comme toi et moi »

Nina et Julia, c’est une amitié qui dure depuis longtemps. Elles se connaissent depuis qu’elles ont 6 ans, et habitent toutes les deux en banlieue parisienne. Elle se sont rencontrées à l’école et depuis, elles ne se sont jamais lâchées. « Avec ce compte, on voulait créer un espace où chacun montrait ses créations, un peu comme un groupe de potes », explique Nina. Créer « une squad, de meufs, de mecs et autres confectionneurs« .

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Aujourd’hui, elles ont 20 (Julia) et 21 ans (Nina) ans et ont les mêmes inspirations. Elles citent la blogueuse Rosabonheur, la youtubeuse Clara Victoria ou encore la créatrice Rubi Pigeon. Ces porte-paroles du mouvement d’upcycling ont toutes la vingtaine. À titre d’exemple, Clara Victoria a une communauté de 212 000 abonnés sur Youtube. « Ce qu’on voulait, c’était aussi mettre en avant des personnes comme toi et moi qui font de l’upcycling parce qu’il y en a beaucoup. Beaucoup de jeunes. » Et si de plus en plus de jeunes se lancent dans la création maison, Instagram permet la visibilité et ainsi d’inspirer d’autres jeunes à se mettre à la pratique. Loin d’être « des pros », comme elles le précisent, elles souhaitaient plutôt montrer qu’avec peu ou pas de formation, on peut réussir à se débrouiller.

Nina a posté le résultat d’une de ses créations sur leur compte Instagram / Capture d’écran

Rien ne se perd, tout se transforme

Un vieux tee-shirt peut être transformé en sac, car oui, la mode est un éternel recommencement. L’enjeu majeur pour Julia, c’était « d‘éviter au maximum la fast-fashion » et ainsi prouver que « la mode n’est pas l’ennemi de l’environnement« . Alors en temps de confinement, quand tout était fermé, c’était l’occasion de fouiller un peu dans ses placards. « On n’avait pas d’autre choix que de faire avec ce qu’on avait. Au final, on était vraiment fières du résultat et de nous-mêmes », confient les deux filles.
Dans son livre Une mode éthique est-elle possible ?, la sociologue Majdouline Sbai a montré qu’en 20 ans, les Français ont doublé leur consommation de vêtements et que 30 % de leurs achats ne seront jamais portés. Des chiffres qui alarment et poussent à l’upcycling. Récemment, la marque de luxe Miu Miu a présenté une collection entière de vêtements recyclés. Ou encore, Leboncoin a lancé un partenariat avec Super Marché pour proposer des vêtements achetés sur leur plateforme puis « upcyclés ».

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