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Les colleur.se.s luttent contre le patriarcat à Lyon

Les colleur.se.s luttent contre le patriarcat à Lyon

Les colleur.e.ses collent pour dénoncer les formes d'opression du patriarcat

Les colleur.se.s de Lyon recouvrent depuis plus d’un an les murs de la ville contre le patriarcat. Derrière les slogans se trouvent des activistes souvent jeunes, à la détermination sans faille.

« Éduquez vos fils », « Agresseur, à toi d’avoir peur », « Confronte tes potes violeurs ».
Ce sont les messages que peuvent lire les Lyonnais sur différents murs de leur ville. Depuis septembre 2019, le collectif « Collages Féministes Lyon » colle ces slogans pour dénoncer les violences sexistes, sexuelles, mais aussi la pédocriminalité, la transphobie, etc… À l’origine de ce mode d’action, l’ex-Femen Marguerite Stern. Une féministe dont se détache actuellement le groupe lyonnais. La jeune femme refuse en effet d’associer à la lutte féministe les personnes transgenres. Le mouvement s’est aujourd’hui répandu dans les plus grandes villes de France : Montpellier, Strasbourg, Nantes, Grenoble, etc…

« On varie aussi les sujets, pour que toutes les luttes soient visibles« 

Ici, le fonctionnement du collectif est horizontal. Tous les membres communiquent sur une plateforme sécurisée. Les slogans proposés sont ensuite votés à la majorité.
Les colleur.se.s accordent une importance à l’écriture inclusive de leurs messages. Personne ne doit se sentir oublié. « Dans le collectif, on écoute tout le monde pour le choix des slogans. On varie aussi les sujets, pour que toutes les luttes soient visibles », explique Eva.

Les colleur.se.s de Lyon collent contre les violences patriarcales
Le but des collages est de dénoncer l’oppression patriarcale ©Juliette


Les collages se font souvent en nocturne « par groupes de quatre ou cinq personnes dans leur arrondissement ». Des séances fermées aux hommes cisgenres (non-transgenres).
Le groupe accepte les femmes, les personnes non-binaires, et les hommes transgenres. « Les hommes cis peuvent s’impliquer en tant que photographes ou dans notre cagnotte. Ils peuvent aussi parler de cette lutte à leurs potes mecs. C’est important pour nous de rester en non-mixité pour se réapproprier l’espace public. Pas mal de personne du collectif ont eu des problèmes avec des hommes cis » lance Juliette.

« Même si les gens ne le veulent pas, ils lisent ces slogans »

Juliette, 24 ans, fait partie du collectif lyonnais depuis près d’un an. « J’avais envie de changer les choses. Et ce mode d’action me semblait une bonne façon d’interpeller les gens sur les problèmes du patriarcat dans notre société » raconte la jeune femme.
De son côté, Eva, 20 ans, a rejoint le groupe avant le second confinement en octobre. “Le collage, c’est un moyen vraiment accessible de s’exprimer sur différentes luttes” explique t-elle.
Pour les jeunes femmes, la pertinence de ce mode d’action est avant tout la visibilité. “Tout le monde voit ces messages. Même si les gens ne le veulent pas, ils lisent ces slogans. Le but, c’est vraiment d’interpeller et de créer un débat” assure Eva.

Le collectif colle pour dénoncer les formes d'opressions du patriarcat
Tout le monde peut coller et donc se réapproprier l’espace public ©Juliette

Les deux colleuses constatent également leur impact positif via les réseaux sociaux. “Beaucoup de personnes nous envoient des messages sur Instagram, pour nous remercier et nous soutenir. Elles viennent aussi nous aborder quand on colle, pour nous dire que c’est super important” raconte Juliette. Quelques fois, les collages sont arrachés par des passants. Mais personne ne reste indifférent.

Eva explique également que les colleur.se.s de Lyon sont parfois victimes d’attaques.

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« Je les soutiens à 1000% »

Corentin, 22 ans, est étudiant à Sciences Po Lyon. Il réagit souvent aux collages des colleur.se.s sur les réseaux sociaux.

Il explique que ces messages peuvent changer les mentalités.

Le jeune homme ne sent pas légitime de coller. « J’aurais l’impression de leur voler leur combat. Je n’ai jamais été victime de ces violences et de ces discriminations. Mais je les soutiens à 1000%. Quand je les vois coller, je leur dis « bravo, c’est super ce que vous faîtes » » assure-t-il.

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