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La nouvelle génération peut-elle changer l’image de la police ?

La nouvelle génération peut-elle changer l’image de la police ?

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Entrer dans la police ou la gendarmerie reste encore aujourd’hui une vocation pour la nouvelle génération. 37 % à 45 % des Français font « confiance à la police », selon un récent sondage de l’Ifop réalisé pour CNews. Malgré l’hostilité de 7 % des sondés. 

Un contexte terroriste toujours présent, un racisme en hausse, des violences policières surmédiatisées lors notamment des manifestations contre la loi de sécurité globale… Autant de raisons qui poussent les jeunes à ne plus apprécier l’uniforme. 50 % d’entre eux n’ont pas confiance en la police, 79 % estiment même que les violences policières sont une réalité et que 48 % de « la police française est raciste », selon Opinion Way. 

Une reprise de flambeau 

Devenir policier s’ancre toujours chez des milliers de candidats qui préparent le concours. Pour eux, c’est une envie qui remonte à l’enfance, de se sentir utile dans les affaires qui touchent la criminalité. Un désir pour certains de réaliser un travail d’enquête. Cela ne s’apparente pas forcément à l’image que peut représenter aujourd’hui la police. Voici le raisonnement d’une étudiante prête à passer le concours d’officier de police. Elle vise l’intégration à la brigade de protection de la famille et se passionne depuis toujours pour le monde judiciaire : « J’aime le contact, celui que l’on peut avoir avec les enfants, comment on peut les aider, qu’ils soient victimes ou auteurs », nous explique-t-elle. 

Pour elle, l’image de la police n’est pas un frein. « Au contraire, j’aimerais rentrer dans une brigade pour pouvoir, à mon échelle, en donner une « bonne » vision. Montrer aux personnes qu’il n’y a pas que cette « mauvaise » image que peut parfois refléter la police. », déclare la jeune diplômée. Même si au total, 47 % des 18-30 ans n’ont pas confiance en la police, la jeune fille explique : « Les personnes souhaitant rentrer dans les services de la police sont motivées à vouloir changer les points de vue. Du moins je l’espère et c’est mon cas. » 

Des jeunes qui veulent se lancer dans la police

Cependant, ces chiffres ne sont pas une réalité pour tous les jeunes. Car chaque année, c’est entre 25 000 et 30 000 personnes qui s’inscrivent au concours de gardien de la paix. Bon nombre d’étudiants en faculté de droit finissent par passer le concours. C’est le cas d’une jeune étudiante en première année de master justice, procès et procédure, qui souhaiterait passer le concours de police. Dans l’optique d’intégrer la police judiciaire ou la brigade des mineurs. « Ce cliché de l’image policière ne montre pas la totalité du métier parce que la police reste très utile, au vu du nombre d’infractions et pour la sécurité des citoyens. »

Même si 45 % des français sont favorables à « l’interdiction de diffuser des images permettant d’identifier un policier ou un gendarme en opération avec des commentaires incitant à la haine » (un sujet qui est au cœur des manifestations actuelles). La jeune étudiante en première année de master explique pourquoi selon elle cela n’est pas une bonne solution :

Gendarme fière et engagée

Selfie d'une gendarme
Prerna André, 21 ans, gendarme adjointe dans la Nièvre en Bourgogne. Crédit: Prerna André

Cela fait désormais trois ans que Prerna André a quitté les bancs de l’école. À seulement 21 ans, la jeune fille est affectée en tant gendarme adjointe dans la Nièvre, en Bourgogne. « Aujourd’hui, beaucoup de jeunes engagés démissionnent au cours de leur formation ou après quelques années passées sur le terrain. Ils sont souvent déçus du faible salaire promis ou des missions parfois peu intéressantes ».

La jeune femme est bien placée pour parler de missions ennuyantes. En fonction depuis plusieurs années dans la Nièvre, département de près de 200 000 habitants, elle enchaîne les services en « police de la route » depuis le début de la crise sanitaire. « Cela va faire un an qu’on contrôle les voitures pour les attestations. C’est loin d’être la partie la plus intéressante de notre métier, mais ce sont les ordres… », appuie-t-elle.

Manque d’objectivité des médias vis-à-vis de la police ?

Malgré des extraits relayant des violences policières ou des polémiques sur les réseaux sociaux, la jeune fille ne désespère pas et reste plus motivée que jamais. « Tout ça m’a plutôt encouragée, j’aimerais que les choses bougent au niveau des institutions et des médias. Il y a de bons gendarmes comme d’autres beaucoup plus « dérangés » et c’est pareil dans la police ! Il y a de tout dans n’importe quel domaine professionnel. »

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Prerna André regrette également le « manque d’objectivité des médias » vis-à-vis de certaines affaires liées aux policiers et aux gendarmes. « J’ai lu un article il y a peu, dans le Parisien, qui relatait d’une intervention dans laquelle une personne avait tué ses parents. Les policiers étaient intervenus deux heures après… Je ne juge pas, mais si on n’intervient pas tout de suite, c’est qu’il y a une raison. Les policiers en question étaient déjà en mission. » Des détails qui peuvent paraître anodins mais qui, d’après la jeune fille, continuent de ternir un peu plus l’image de la police et de la gendarmerie. 

La police, un milieu masculin

La gendarmerie, corps rattaché à l’armée, manque encore de volontaires féminins. Le peu qui parviennent à réaliser leur rêve seraient encore parfois moquées par certains membres de l’institution. « On nous prend souvent pour des personnes qui ne savent pas se défendre, qui ne savent pas utiliser une arme ou qui manquent d’autorité… », regrette la jeune femme. 

Jeune gendarme qui s'entraîne au tir  en compagnie de ses collègues
Prerna André, au centre de tir. Crédit: Prerna André

En attendant que la situation change au sein de l’institution nationale, Prerna André tente de faire évoluer les mentalités à son échelle : « Au sein de ma brigade, je suis la seule femme mais également la plus jeune, donc c’est sûr que ce n’est pas facile tous les jours. Il faut avoir un minimum de caractère pour ne pas se laisser faire ! J’effectue aussi souvent de la prévention scolaire dans les collèges et les lycées pour leur donner envie de s’engager. » La jeune gendarme compte partir d’ici peu de sa brigade et a demandé sa mutation à Lyon. 

Vous pouvez retrouver un autre article sur l’engagement de la jeunesse chez les pompiers.

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