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L’homophobie chez les jeunes : où faut-il en parler ?

L’homophobie chez les jeunes : où faut-il en parler ?

Dessin d'un homme qui tient sa tête, avec des bulles au-dessus d'insultes homophobes

Être victime d’homophobie, c’est anormalement fréquent chez les jeunes. Mais alors, vers qui peut-on se tourner, surtout quand les associations sont fermées au public. Quelles solutions sont mises en place ? Entre plateformes d’écoute, pour témoigner ou l’accompagnement juridique, le mieux, c’est toujours d’en parler.

Si l’on est victime d’homophobie, qu’on est jeune et que c’est dur d’en parler, que faire ? Eh bien, il y a des associations pour vous écouter anonymement ou même pour vous accompagner juridiquement et/ou psychologiquement. C’est notamment le cas de SOS homophobie, qui reçoit les témoignages de personnes ayant vécu des actes homophobes. L’association propose une ligne d’écoute nationale, gratuite et anonyme, gérée par le siège de Paris.

Dessin de touches multicolores d'un téléphone, avec écrit au dessus SOS homophobie
L’association SOS homophobie met à disposition une ligne d’écoute anonyme, pour les personnes qui ont subi des actes homophobes / Illustration – Elzéa Colomb

Mais ce n’est pas tout. Si la victime décide de porter plainte, SOS homophobie peut aussi se porter partie civile en cas de demande et accorder un suivi psychologique dans le centre LGBT le plus proche. Martine Wattiaux, co-déléguée à Lyon, explique : « Quand on arrive à prouver que la violence qui a été subie est en lien avec une circonstance aggravante, qui est l’homophobie ou la transphobie, l’association peut se porter partie civile durant le dépôt de plainte et la procédure. C’est la commission accueil et soutien. » Et puis, pour ceux qui le préfèrent, l’association met également à disposition un tchat.

40% des victimes d’homophobie ont entre 18 et 34 ans

« Quand il y a un débat public et sociétal sur les questions LGBT, ça a tendance à libérer la parole mais aussi, malheureusement, les violences. Nous observons une augmentation des violences physiques, psychologiques ou même numériques. » En 2019, alors que l’extension de l’accès à la PMA pour les couples de femmes est d’actualité, on recense une hausse de 56% des violences révélées sur les réseaux sociaux (un chiffre basé sur le recensement de l’association). Une haine facile sur internet, où les jeunes sont particulièrement présents.

Mais les réseaux sociaux comme Instagram ou Facebook sont aussi un moyen de sensibiliser les jeunes. Autre chiffre du rapport annuel de SOS homophobie de 2019 : les actes de LGBTphobies dans l’enseignement supérieur sont passés de 6% en 2018 à 23% en 2019. Et 40% des victimes ont entre 18 et 34 ans.

Victime d’homophobie, il a choisi d’agir

Thomas Hochet a 22 ans et a choisi de ne plus se taire et de donner la parole aux autres victimes. Étudiant en master histoire de l’architecture à la faculté de la Sorbonne à Paris, il habite en banlieue parisienne. Et après avoir vécu du harcèlement homophobe dans la rue, « une énième fois », précise-t-il, il a décidé de créer son compte Instagram « disbonjoursalepd ». « Je me suis dit qu’il fallait au moins que j’en fasse quelque chose et que je ne pouvais plus garder ça pour moi, pour que ça ne me pourrisse pas la vie. Les premiers témoignages étaient les miens, de manière anonyme. »

Inspiré par le compte « disbonjoursalepute », qui traite de sexisme, il a ouvert son compte Instagram pour donner de la visibilité aux témoignages des victimes d’actes homophobes et LGBTphobes en général.

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« Plus on en parle, plus les réponses sont violentes »

« Moi personnellement, je suis incapable de réagir au moment de la confrontation. Je suis tétanisé et la peur prend le dessus. » Alors ce compte, c’était sa façon de réagir, d’une certaine manière. Pourtant « même si ça fait du bien », il pense que les prises de parole n’ont pas encore « l’effet escompté. Certes on en parle beaucoup plus. Mais plus on en parle, plus les réponses sont violentes. »

Et pour preuve, lorsqu’il explique l’histoire de son compte, il avoue rapidement qu’il vient d’être désactivé, à cause de signalements de personnes malveillantes. « Le problème, c’est que quand tu partages des témoignages comme ceux-là, tu partages forcément des choses qui peuvent être perçues comme des apologies de la violence ou du contenu haineux par Instagram. Les victimes relatent ce qu’on leur a dit, donc les mots sont souvent insultants envers les LGBT. Et certains en profitent pour signaler. »

Mais évidemment, il compte aussi des soutiens et reçoit de nombreux remerciements : « Ça leur permet de faire sortir des choses qu’ils ne racontent peut-être pas. Et ça reste important de leur donner la parole. » Et s’il s’est essayé aussi à Twitter quelques années auparavant, il préfère ne plus être sur ce réseau « qui amène beaucoup trop de haine. »

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