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Le cancer chez les jeunes : une vie à (re)construire

Le cancer chez les jeunes : une vie à (re)construire

Un jeune homme regarde devant lui avec un large sourire
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Le cancer reste une maladie qui nous touche tous. Pour les jeunes, ce diagnostic vient mettre une santé en péril, une vie entre parenthèses et un moral en berne. L’aspect psychologique, est souvent le plus difficile à gérer comme nous l’explique Nathan Duchemin.

Être libre, indépendant, fort. Comme chantait Louane, « Papa, maman, je pars ». Tous ces rêves d’autonomie balayés par ce p***** de cancer. Si je me permets une touche de légèreté, c’est en raison du faible taux de mortalité, 5,5 %, dû au cancer chez les jeunes. Pour cette catégorie de la population, la charge psychologique est au moins aussi importante que la charge médicale. 

« Vous avez un cancer ». Tout une vie est alors remise en question. Nathan Duchemin les a entendus à ses 14 ans. « On m’a expliqué que j’avais une leucémie aigüe myéloïdes, un cancer du sang. » Durant six mois, l’adolescent va subir des séances de chimiothérapie et des greffes de moelle osseuse. La transformation de son corps va être brutale. La perte des cheveux, la perte de poids, le fait d’être coupé de son cercle amical, éloigné du système éducatif ou professionnel… tout cela va retarder l’insertion socio-professionnelle des adolescents et des jeunes adultes (AJA). Nathan explique que « le plus difficile a été de se regarder dans une glace ». « Je me suis mis dans une bulle où le regard des autres m’importait peu. Je me suis déconnecté de tout et notamment de mon parcours scolaire. »

Une aide psychologique nécessaire 

Chaque année, on dénombre environ 1 700 nouveaux jeunes (15-24 ans) atteints d’un cancer. Les patients peuvent profiter d’un accompagnement psychologique particulièrement intensifié depuis 2016. Le but est d’offrir une aide éducative, psychologique et sociale. 

Céline Olivier est en charge d’une formation pour la prise en charge des jeunes malades. L’assistante médicale évoque « la nécessité d’une prise en charge spécifique pour ce public ». Organisées au centre Léon Bérard à Lyon, « ce groupe d’études composées de nombreux spécialistes a pour objectif de donner les clés aux médecins et à la famille des malades ». « L’un des objectifs est d’organiser une meilleure réinsertion pour ces jeunes qui se retrouvent en dehors du système. »

Ce soutien des professionnels est essentiel mais ne remplace pas celui de la famille. Suite à une rechute en avril 2020, Nathan est hospitalisé une seconde fois. Cette fois-ci âgé de 24 ans, il a pu compter, une nouvelle fois sur le soutien de ses proches. « Je ne pourrais jamais assez remercier mes proches d’avoir été là pour moi. J’ai une chance énorme de les avoir auprès de moi dans des moments pas toujours faciles », nous raconte Nathan, désormais en CDI chez Décathlon. 

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Une nouvelle vie après la maladie

Comme le disait Cécile Olivier, la réinsertion sociale et professionnelle n’est pas toujours simple pour les jeunes atteints d’un cancer. Nathan Duchemin est guéri mais encore en arrêt maladie. Cette rechute a bousculé ses plans d’avenir. « Je ne comptais pas mes heures au travail. Tout ce que je souhaitais, c’était avoir une vie stable, et toute tracée ». Ces rêves ont brutalement évolué. « Premièrement, je ne vais peut-être pas reprendre un travail à plein temps. Tout simplement, parce qu’aujourd’hui j’ai envie de profiter… juste profiter de la vie ».

Cette vie mise entre parenthèses aura des impacts à court et long terme. Hormis ce changement de projet de vie, Nathan a « développé une intolérance totale pour les personnes qui se plaignent à longueur de journée ». Si Nathan et cet article avaient un message, ce ne serait sûrement pas de tous vous tirer une larme. Non bien au contraire. Amusez-vous, profitez et surtout : plaisir et bonne humeur !

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