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Les jeunes athlètes, une génération sacrifiée ?

Les jeunes athlètes, une génération sacrifiée ?

Pierre Monney avec le fusil derrière l'oeil s'apprête à faire tomber les cibles 50 mètres plus loin lors de son entraînement.

Dans un an, les compétitions nordiques laisseront place aux Jeux olympiques d’hiver, dans l’étonnante ville de Pékin. Néanmoins, si ceux d’été à Tokyo restent dans l’expectative, la jeunesse dorée de skieurs français tente de poursuivre sa progression à différents échelons et dans diverses disciplines. Et ce, malgré les problématiques externes liées à la Covid-19.

Comme tous les secteurs d’activité, l’industrie du sport qui pèse près de 450 milliards d’euros à l’échelle mondiale, a été fortement touchée par la pandémie de coronavirus. Il n’y a pas eu de compétitions pour a grande majorité des jeunes athlètes de haut niveau. Ils ont dû arrêter ou adapter leurs entraînements pour cause de confinement. Cette situation a poussé bon nombre d’entre eux à redéfinir leur avenir et leurs objectifs professionnels. C’est le cas notamment de Pierre Monney, biathlète franc-comtois licencié au Ski Ckub Asop. Il est aussi membre de l’équipe de France B de biathlon. « Les calendriers IBU Cup (circuit B de la coupe du Monde) et national ont été chamboulés. Au lieu de démarrer la saison en novembre, j’ai seulement débuté à la mi-janvier. C’est une grande première », affirme-t-il.

Qu’elle est loin cette belle époque, où tout roulait comme sur des roulettes avec notamment pour lui. Une participation aux Jeux olympiques de la jeunesse du côté de Lillehammer en Norvège, le temple de plusieurs disciplines nordiques, dont le biathlon. Depuis l’arrêt des compétitions en mars dernier, suite à l’intrusion du virus en Europe, la carrière de ce jeune talent a pris une tout autre tournure.

La préparation printanière se base dans un premier temps sur de nombreuses activités extérieures (vélo, course à pied, musculation). Dans un second temps, elle s’axe sur le volume semble s’être bien déroulée. La dernière a, au contraire, freiné la progression des athlètes. « C’est une période juste avant les courses, où l’objectif est d’atteindre son niveau de compétition. Or, cette saison, les voyages de préparation à l’étranger ont été annulés et quelques stages aussi. Ceci provoque un déséquilibre entre les nations », regrette Pierre Monney.

Pierre Monney lors de son entraînement à La Seigne pour le tir debout
Pierre Monney, sur le pas de tir de La Seigne lors de son entraînement.

La Covid-19, un point positif

Si la Coupe du Monde, composée des meilleurs biathlètes de la planète, fait rêver et donne du fil à retordre à ce jeune biathlète, elle ne semble qu’avoir été légèrement impactée. L’inverse de son antichambre, l’IBU Cup. Pour combler cette absence de compétitions, le Franc-Comtois de 21 ans en profite et s’entraîne davantage. Il veut accéder et toucher du bout des doigts son rêve dans les futures années à venir. « C’est un réel objectif d’accéder au circuit A et de porter la tunique de l’équipe de France en coupe du Monde ou potentiellement aux Jeux olympiques, mais il faut être réaliste. Avant d’atteindre ce niveau, je dois gagner en maturité ». Une maturité généralement atteinte par les biathlètes français aux alentours des 25-26 ans.

La saison s’avère difficile sur les skis pour lui. Suite à une préparation plus que tronquée par un nouveau confinement, il cherche à combler cette difficulté derrière la carabine. Pierrre Monney a profité de cette crise épidémiologique pour travailler certains points qu’il ne travaillait pas auparavant comme le tir. Un travail qui porte ses fruits. « Ce week-end lors de la coupe de France, je termine à la 8e place avec un 20/20 au tir, c’était le premier de ma carrière. En temps réel, j’aurais dû remporter cette poursuite. Mais j’ai été frappé par la Covid il y a un mois. Ceci ajouté à ma méforme sur les skis ça donne ce genre de résultat », explique Pierre Monney très frustré.

À la fin de la semaine, l’un des espoirs français tentera de mettre à profit ses nombreuses séances d’entraînements dans une course en interne pour accrocher sa qualification en IBU Cup la semaine d’après du côté de Brezno en Slovaquie. Pour cela, il faudra sortir le mental des grands jours pour abattre les dix ou vingt cibles de 4,5 cm ou 11,5 cm à 50 mètres en debout ou couché. Un mental déjà bien touché ces derniers mois. « J’ai pensé à arrêter, c’est vrai. Toutefois, avec du recul, ça aurait été une énorme connerie », se remémore le licencié de l’ASOP.

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Le biathlon mais pas que …

En parallèle du biathlon d’autres disciplines font leur apparition l’hiver. Parmi elles, le ski de fond, présent depuis les premiers Jeux olympiques d’hiver en 1924 à Chamonix. Thomas Joly pratique ce sport depuis ses 4 ans. Désormais il en a 22 et participe à la Coupe du Monde longues distances prénommée Visma Ski Classics. « J’ai intégré récemment l’une des meilleurs équipes de France, le team Décathlon expérience. Les courses font entre 30 et 100 kilomètres pour une durée de 2 heures 30 à 6 heures », explique le Franc-Comtois. Diffusée sur la chaîne l’Équipe, cette discipline est une réelle course d’endurance. La force physique prend le pas sur le reste. « Cet été, nous avons pu respecter notre programme avec des séances de 5 à 7 heures de temps pour se renforcer et travailler cette endurance », raconte-t-il.

Malgré cette bonne période, la réalité des choses est revenue au galop lors de a préparation des fondeurs. Pour esquiver un confinement qui aurait pu avoir des conséquences sur sa saison, Thomas Joly a trouvé une échappatoire. « Avec des collègues d’entraînement nous sommes allés à La Fouly une station Suisse, pour contrer ce confinement ». La saison de douze courses (six en Europe central, six en Scandinavie) est bel et bien lancée depuis deux semaines. Pour le fondeur français, elle doit déjà se stopper suite à une première course polémique« J’ai l’envie de reprendre le 3 mars pour la plus grande course du monde, la Vasaloppet en Suède », espère ce dernier.

Thomas Joly, jeune skieur Franc-Comtois et membre du team Décathlon Expérience en plein entraînement
Thomas Joly, lors des entraînements juste avant les compétitions officielles.

À l’inverse du biathlon, la Covid n’a pas perturbé le calendrier. Mais l’ordre des courses a été inversé pour réduire le nombre de tests PCR. L’utilité est essentielle pour ces athlètes de haut-niveau, qui ont conscience de leur chance de pouvoir exercer leur métier.

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